dimanche 12 avril 2015

Nationale 3, groupe 17

Nous avions rendez-vous à 13h45 au club pour aller àChambéry.
Une des voitures prévues est celle de Patrick. D'emblée, il me demande de conduire. Je sais que Patrick n'est pas un fondu du volant, et je me remémore quelques épopées Dantesques avec lui. Je rentre mes grandes canes comme je peux sous le volant de sa 206 et j'écrabouille celles de Raphaël derrière moi. Sur l'autoroute, divers voyants s'allument sur le tableau de bord ; une alarme retenti en forme d'insupportable mélopée, et à plus de 90, le véhicule se met à brouter dangereusement le macadam.
Arrêt sur une aire de repos pour vérifier que toutes les roues sont encore attachées au véhicule, et on repart.
Le parfait équipage de joueurs d'Echecs en goguette.
On arrive à Chambéry 15 minutes après l'autre voiture partie 15 minutes après nous.
Place au jeu : un match nul suffit pour nous maintenir, une victoire ce serait bien.

C'est parti : au 1er, Raph' fait un début très ordinaire : il ne sacrifie pas une pièce, ni une qualité, ni même le moindre petit pion ! Olivier, son adversaire, ex-Grenoblois, ex-Clichois, Ex-Chalonnais (variante Diégo) ex-plein de choses, se retrouve tout déconfit par une telle audace et du coup ne pense même pas à sacrifier le moindre petit pion lui non plus (c'est dire!). La partie s 'engage dans une sorte de finale insipide, et alors, Olivier se retrouve pleinement et sacrifie un pion pour entamer une attaque de mat inexistante. Raphaël réalise proprement son avantage matériel.
Au 2, Cap'tain' Blanchard joue une Est-indienne, son adversaire tente une Sämisch. 
Edouard Goufeld disait à propos de la Sämisch « lorsque les blancs poussent leur pion en f3, j'éclate de rire et je joue Cc6 ! »
Hugues éclate de rire et joue Cc6. Enfin, je crois qu'il n'a pas éclaté de rire, mais il a bien joué Cc6.
Puis Il arrive à planter son monstre (le Cc6) en d4, et après quelques échauffourées, son adversaire est contraint de donner une qualité, puis de tendre la main.
Au 3e, c'est mon retour après une pause d'un an (hormis un ou deux rapides). Je joue 1.d4, mon adversaire une est-indienne, moi une Sämisch. Mon adversaire, prudent, n'éclate pas de rire, il ne joue pas Cc6. Il aurait dû, car du coup, il se prend une attaque expresse sur le fianchetto et abandonne avant le 20e coup, une dame en moins.
Moralité : éclater de rire ou pas, avec les noirs ou pas, 2-0 pour Grenoble sur la Sämisch.
Au 4, Patrick avec les noirs joue une partie : c'est Patrick, il ne se passe pas grand chose, c'est plus ou moins égal, parfois il gagne, de temps en temps il perd. Ici il fait nulle.
Au 5e, Valentin joue une attaque de minorité dans un gambit-dame. Il envahit les cases fortes, assiège les pions faibles, en capture un, puis deux, puis trois. C'est propre, c'est clair, c'est efficace, il empoche le point pendant que l'adversaire contemple le désastre.  On se demande bien qui il a pu avoir comme prof d'Echecs.
Jean au 6e joue une Sicilienne qui ressemble à une française ; mais certains doctes experts pensent que c'est plutôt une française ressemblant à une sicilienne. C'est égal, petit avantage, égal, puis nul.
Georges au 7e fait LA gaffe : au lieu de jouer une position complètement hermétique ou inférieure avec une paire de cavaliers qui ruent dans tous les sens et rendent noeud-noeud ses adversaires, il joue une bonne position, ouverte, avec la paire de fou. Peu habitué à gérer un avantage aussi considérable, il manque une première fois de perdre la dame, mais, en artisan consciencieux, il ne rate pas la 2e occasion.
Enfin au 8e, Lucien juge sans doute indécent d'avoir un avantage écrasant avec un pion de plus. Il rend donc son pion, affaiblit les autres, permet à la tour adversaire le maximum de contre-jeu et finit donc par perdre courtoisement.

Bilan 4 à 2 pour Grenoble.

Au retour, je conduisait encore, et sur l'autoroute, j'ai fait monter la voiture de Patrick à plus de 100km/h. Même la voiture est arrivée à Grenoble.

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