lundi 2 avril 2018

CR de l'équipe 1 coupe 2000

Les résultats de la coupe 2000 étant enfin accessibles sur le web, voici les contributions des joueurs de l'équipe 1, narrant cette journée, chacun à la lumière de sa lanterne. Comme il est d'usage, les opinions ainsi exprimées n'engagent que leurs auteurs et certainement pas la webmestre. Ce texte fait un pendant quasi parfait à celui publié il y a déjà quelques temps et qui mettait plutôt l'accent sur l'équipe 2, dont les coéquipiers n'ont pas craint d'affronter des adversaires bien plus forts, tout au contraire. Bonne lecture. 
Ethan
1ère partie : je me fais avoir sur un ordre de coups dans l'ouverture Alekhine et je suis très mal: j'ai moins d'espace, il a un superbe Fou en d3 planté dans ma position, à ce moment là il me propose nulle, les positions de Christophe et Bertrand n'étant pas faciles à évaluer pour moi, je continue, bon choix car je le fais craquer grâce au couple mortel dame-cavalier sur un roi trop affaibli. Partie gagnée.
2ème partie : Elle commence aussi mal car je me retrouve immédiatement en difficulté dans l'ouverture avec un pion en d6 arriéré sur une colonne ouverte, des pièces très passives, bref encore une fois une poubelle mais petit à petit les pièces s'échangent et mon adversaire me redonne vie. Je prends même l'avantage grâce à une imprécision tactique de mon adversaire. La finale fut longue et le zeitnot éprouvant mais impossible de concrétiser mon avantage avec une telle défense de mon adversaire. La partie nulle fut signée.
3ème partie : assez facile, Est-indienne bien menée avec le plan f5 f4 dans la variante classique. Le pion avance pour démolir le roque adverse. Le contre jeu à l'aile dame du joueur blanc n'a pas été assez violent et c'est l'aile roi qui s'ouvre! La défense blanche cède et la victoire me fut accordée!

Patrick
1ère partie : Je profite du mauvais placement des pièces adverses pour placer une jolie combinaison qui semble perdre une pièce dans une Pirc. Résultat: c'est moi qui ingurgite un maximum de matériel jusqu'à l'indigestion.Mon adversaire finit par abandonner.
2ème partie : Mon adversaire,  plus coriace que le premier joue, une Hollandaise en premier. Après l'échange des dames, la position est proche de l'égalité. Je me trompe dans le zeitnot. J'ai 2 pions pour une pièce pour ne pas perdre la qualité. Mon roi s'approche des pions passés pour les soutenir. Au moment où les blancs paraissent mater je place un échec qui me délivre. OUF. Un perpétuel était possible.
3ème partie : Une nulle me convient contre un bon 1900. Sur une française je joue la variante d'échange qui parait insipide. Les noirs placent leurs pièces de manière maladroite. J'ai un plan clair pour prendre l'avantage mais je suis imprécis. A cause de ça je me retrouve dans une finale un peu inférieure mais mon adversaire ne veut plus se battre.


Bertrand
Malgré une très courte et mauvaise nuit, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je retrouvais mes coéquipiers pour la Coupe 2000, compétition fort sympathique à laquelle je n'avais pas participé depuis 4 ans. Christophe m'ayant laissé la charge du capitanat, je décide de placer Ethan, notre benjamin, au premier échiquier et Patrick au 2. Dans une forme équivalente à la mienne, Christophe préfère jouer au 4.
Quelle fût ma surprise en apprenant que, pour la première année, les parties étaient homologuées par l'instance suprême ! Si un classement à 1907 m'interdit toute prétention échiquéenne, je ne m'attendais pas à m'exposer au risque de descendre d'un pallier de 100 pts ce dimanche. Faute d'un stick antitranspirant dans la poche et équipé d'un caleçon tout neuf, il va falloir éviter les positions trop tendues. Je pars acheter une viennoiserie en guise de petit déjeuner express, une banane pour anticiper un coup de barre dans les prolongations et me prépare psychologiquement au combat.
Nous sommes 9 équipes, synonyme de combiné système Suisse-Molter. Par malchance nous faisons partie des 3 équipes qui joueront le Molter. Ce système ne comptabilise que les points par échiquier. Nous ne sommes donc plus vraiment dans l'esprit match par équipes, car à chaque ronde, nous rencontrerons 2 joueurs des autres équipes du groupe et pas nécessairement les adversaires affectés au même échiquier que nous. Le seul avantage est que les appariements des 3 rondes sont fixés dès le départ, une lisibilité qui permet d'établir une stratégie globale.
A la première ronde, j'affronte un jeune classé 1300 avec les noirs. Si je ne crains pas ce profil de joueur, subsiste le risque de se faire soulager d'une vingtaine de points, soit le maximum possible, quand une victoire n'en rapporte pas deux. J'applique la stratégie dédiée : on joue simple et proprement et on attend la donation, matérielle ou positionnelle. Je ne trouve pas la réfutation dans une sicilienne où il ne souhaite prendre aucune initiative. Qu'est-ce que c'est frustrant d'affronter un joueur aussi passif que soi ! Je me résous à l'encourager à jouer e4 pour qu'il se passe quelque chose. Ma faiblesse sur la case d6 me pique les yeux d'avance. S'il souhaite installer son cavalier en d5, je le chasserai avec e6 et trouverai le moyen de donner mon pion d en échange d'une initiative significative, voire déterminante. Il est victime d'un syndrome que je connais bien : ne pas croire en ses chances face à un joueur plus fort sur le papier. Ce n'est qu'après avoir fait prendre des nouvelles des copains à son cavalier qu'il songe à l'installer en d5. Cette perte de temps et le mauvais positionnement de sa dame m'offrent une combinaison qui gagne la qualité en 3 coups. L'avantage est net et la fin de partie est tranquille. Mon adversaire n'épargnera aucune souffrance à son armée et n'abandonne qu'après la perte de sa dernière pièce lourde. J'ai tout juste le temps d'avaler un sandwich avant la ronde 2.

Je joue mon ami Joseph avec les blancs. Il s'emmêle les pinceaux et positionne mal ses cavaliers face à mon double fianchetto et la structure de pions c4/d3/e4. Par fatigue et par fainéantise, je manque de précision en milieu de partie mais la position reste confortable à jouer. Je laisse ensuite traîner une fourchette décisive que mon adversaire, diminué et en manque de temps, ne jouera pas. Après un échange de dames favorable grâce auquel je gagne le pion g, je rends la paire de fou pour arriver sur une position où les coups gagnants sont multiples. Un petit calcul est nécessaire pour trouver le meilleur coup après que les noirs aient joué Te8.


Avant la ronde 3, nous sommes en tête du groupe avec un point d'avance sur Bourgoin-Jallieu. Patrick et moi allons affronter 2 bergalliens et nos coéquipiers, sauf accident, devraient marquer leur point. Je pars donc questionner l'arbitre sur les départages du système Molter. Le premier se fait au Berlin, le second à la moyenne Elo, laquelle nous est défavorable. Le Berlin consiste à additionner le nombre de victoires par échiquier en attribuant un coefficient dégressif à chaque échiquier (x4 au 1er, x3 au 2nd, etc.). En cas d'égalité de points à l'issue des 3 rondes, nous serions qualifiés. La stratégie est simple et en adéquation avec mon style de jeu : Patrick et moi devons faire nulle. Je joue l'ouverture très lentement et passivement. Christophe se retrouve vite gagnant et Ethan ne peut, vraisemblablement, pas perdre sa partie. Patrick respecte rapidement les recommandations du coach. Même si je perds, la qualification semble désormais acquise. J'ai réfléchi 55mn pour jouer les 14 premiers coups d'une défense slave où les blancs jouent  Db3 au 4ème coup. La position est peu confortable mais les blancs n'ont rien de concret : garder la paire de fou permettra à mon cavalier de contrôler définitivement e5. Si mon adversaire veut gagner, nous louperons donc tous les 2 le JT de 20h. Il me reste 5mn et je propose le partage du point au 15ème coup. Cette proposition a le mérite de faire sourire Florent, le capitaine de Bourgoin-Jallieu. Après quelques minutes de réflexion mon adversaire me tend gentiment la main en me disant "on ne va pas se fâcher pour ça".

Christophe
1ère partie : Je prends l'avantage rapidement avec les noirs avec le gain d'une pièce dans une position complexe. Je défends assez mal et je me retrouve avec 2 pièces pour une tour. Mon adversaire me place alors une belle tactique pour simplifier la position : nulle.
2ème partie : Un petit avantage positionnel toute la partie, mais insuffisant pour gagner : nulle.
3ème partie : Mon adversaire oublie une découverte qui me permet de gagner une tour et la partie.



4 commentaires:

  1. J'ai adoré le compte-rendu de Bertrand !!!

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  2. Ce qu'il faut retenir du compte-rendu de Bertrand : toujours prévoir une banane pour une partie d'échecs !

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  3. On aimerait aussi une photo du caleçon avant et après !

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    1. Je suis ravi que ma distribution de bananes portent ses fruits. Je le garde au frais pour notre prochaine partie et tu pourras en faire l'usage qu'il te plaira.

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